INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER EN AFRIQUE (2019)

Le mois dernier, EY (anciennement Ernst & Young) a publié la neuvième édition du rapport sur l’attractivité de l’Afrique, qui décrit les tendances et les perspectives de la croissance économique de l’Afrique et de l’investissement direct étranger (IDE) sur le continent.
Le rapport constate qu'en 2018, les IDE en Afrique sont restés généralement stables. Alors que les flux d’IDE étaient faibles par rapport aux normes mondiales, le ratio entre l’IDE et le produit intérieur brut (PIB) était élevé, témoignant de l’importance de l’IDE pour la croissance économique du continent.
Comme le montre la figure 1, les principaux investisseurs en nombre de projets en Afrique ont été les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, respectivement. La Chine était notamment le principal investisseur en termes de capital total, investissant plus de deux fois le montant en dollars des États-Unis d'Amérique ou de la France. Le rapport indique que les flux d'IDE des investisseurs traditionnels sont en partie motivés par de solides relations historiques : la France, par exemple, est un investisseur clé en Afrique francophone. Les partenaires émergents, notamment la Chine, les Émirats arabes unis et l'Inde, jouent un rôle de plus en plus important en Afrique, représentant 34% du nombre total de projets et plus de 50% des emplois créés et des investissements. En outre, les investissements intra-africains ont continué de croître en 2018 : l'Afrique du Sud est restée le principal investisseur dans les autres pays africains, et le Kenya et le Nigéria ont respectivement apporté d'importants IDE en Afrique orientale et occidentale. L'Egypte et le Maroc sont les principaux investisseurs en Afrique du Nord.


Figure 1 : IDE 2014 – 18 par source

Source: FDI Intelligence et EY Africa Attractiveness Report, 2019

Source: FDI Intelligence et EY Africa Attractiveness Report, 2019

La figure 2 répertorie les 15 principaux bénéficiaires d'IDE en Afrique, calculée à l'aide d'une moyenne pondérée basée sur le nombre de projets, les emplois créés et la valeur des investissements. Les résultats indiquent que les IDE suivent en grande partie la croissance économique, la réforme des politiques, la diversification économique et la taille du PIB. Par exemple, le rapport indique que le niveau élevé d’IDE de l’Afrique du Sud est, du moins en partie, dû à la diversité et à la taille relativement grande de son économie, qui offre davantage d’opportunités d’investissement. À l'inverse, le Rwanda est la preuve que les réformes économiques et les politiques favorables aux entreprises peuvent susciter l'intérêt des investisseurs, même dans les petites économies.

Figure 2 : Plus grand des bénéficiaires d'IDE en Afrique, 2018

Source: FDI Intelligence et EY Attractiveness Report, 2019

Source: FDI Intelligence et EY Attractiveness Report, 2019

En plus de décrire les principales sources et destinations d’IDE, le rapport analyse en outre l’IDE par secteur. Bien que les industries extractives aient attiré une grande partie des capitaux entrants en 2018 (36%), la majorité des projets et des emplois créés concernaient en réalité les secteurs des services et de l'industrie. La figure 3 montre que les secteurs des télécommunications, des médias et des technologies (TMT) et des produits de consommation et de détail (CPR) ont gagné en visibilité en 2018. Le rapport indique que les IDE dans le segment des consommateurs ont été motivés par les demandes de la population africaine en pleine urbanisation niveaux de revenus croissants, tandis que les investissements dans TMT ont été motivés par une augmentation des investissements dans la technologie et par la tendance croissante des entreprises technologiques mondiales à établir une présence en Afrique.

Figure 3 : PROJETS D'IDE PAR SECTEUR, 2018

Source: FDI Intelligence et EY Attractiveness Report, 2019

Source: FDI Intelligence et EY Attractiveness Report, 2019

Le rapport conclut en soulignant l’importance de la croissance économique et des réformes pour attirer l’IDE. Il recommande aux gouvernements africains de prendre des mesures pour diversifier leurs économies afin de réduire la vulnérabilité aux chocs macroéconomiques et de fournir un meilleur environnement aux investisseurs. Le rapport indique également que le commerce pourrait devenir un facteur clé de la croissance future, dans la mesure où l'Accord de libre-échange continental africain (ALEAC) devrait faciliter des échanges plus rapides, plus efficaces et moins chers, tout en stimulant l'activité économique.